Erasmus en balade en Bavière

Le blog de Martin, alias Spiff, Erasmus à Nuremberg.

29 janvier 2006

Délit de faciès…

  Bon, j’avais décidé dans ce blog de ne pas vous assommer avec ma vie, mais là, ça vaut peut-être la peine. Et en plus, comme je suis énervé, il faut que je me passe les nerfs, le clavier en a vu d’autres, il est sûrement le plus compréhensif dans ces cas.
  Dimanche 29 février, 00:45 locales, -6°C au thermomètre (-100°C selon mes pieds…), une joyeuse troupe multinationale (Espagnols, Brésiliens, Italiens, Suédois, Français et Bulgare) se pointe devant la discothèque Planet Dance. Une queue comme rarement à l’entrée, c’est sûr, ça doit être bien dedans. 01:00, indéniablement, on avance. 01:15, plus personne ne sent ses pieds. 01:27, enfin à l’entrée, les videurs laissent entrer un Brésilien, une Espagnole, une Suédoise et un Espagnol. 01:29, lesdits videurs prient trois Italien(ne)s et un Brésilien de dégager. 01:30, la justification du refus que nous nous voyons opposer est demandée. 01:32, vu le niveau de communicativité des videurs, nous battons en retraite. 01:33, quatre blondes demoiselles entrent…01:36, notre avant-garde ressort excédée après s’être fait expliquer au contrôle suivant que, en substance, les étudiants Erasmus étaient persona non grata…
  En France, ça s’appelle du délit de faciès, parce que les Italiens et Brésiliens refoulés étaient probablement les seuls de toute la queue à ne pas être aussi clairs de peau que la moyenne du coin…
  On a beau faire des dissertations sur « die Vergangenheit, die nicht vergehen will » (le passé qui ne veut pas devenir passé, en référence au Troisième Reich et au nazisme) et sur le fait que les Allemands n’arrivent pas à se dégager de cette histoire encombrante, mais je crains que ça aide pas à régler le problème. Je dois avouer, que ce n’est vraiment pas ici que je m’attendais à ce genre de comportement. Il semblerait, des dires d’étrangers présents depuis longtemps en Allemagne, que le phénomène ait eu tendance à se renforcer ces dernières années. Mes cours de droit m’ont formé à la complexité de la question, loin de moi l’idée de jeter la pierre, mais, en France, le gérant de la boîte aurait déjà sur le dos SOS Racisme, Touche pas à mon pote, et à la seconde incartade, ce serait les tribunaux…
  Et, fait malheureusement classique, les videurs étaient assurément au moins aussi « colorés » que les Brésiliens, et, à l’accent, certainement pas de langue maternelle allemande…

  Conclusion, on est aller engraisser le concurrent, ils nous reverront pas de sitôt au Planet et je compte bien faire circuler l'information, et, à toute chose malheur est bon, j'ai appris plein de gros mots en espagnol.

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