Erasmus en balade en Bavière

Le blog de Martin, alias Spiff, Erasmus à Nuremberg.

26 octobre 2005

Analyse croisée des concepts d'Anmeldung et de Pfand

  Il est dans chaque société des concepts-clé, des Stichwörter comme on dit par ici, naturellement intraduisibles, qui permettent de lancer une analyse socio-anthropologique (à vos souhaits !) poussée d’un groupe donné, par exemple, un peuple. Je vous entretiendrais aujourd’hui de deux de ces concepts-clés, par ailleurs intimement liés, l’Anmeldung, prise dans son acception large, et la Pfand, dont le champ lexical, est quant à lui assez restreint.

  L’Anmeldung, concept que nous appauvrissons grandement en le traduisant par inscription, est le préalable à tout. Elle se fait généralement à l’aide de la carte que l’on a reçu de l’Anmeldung précédente, et du Ausweis, qui prouve que c’est bien moi qui me suis anmeldé. On s’anmelde donc pour la biblio, le restoU, mais aussi pour utiliser Internet, pour aller au cours de langue, pour aller en TD, pour les examens, pour les sujets d’exposé, pour pouvoir faire du sport, puis dans l’équipe de sport, puis… Et comme ici on rigole pas avec ce genre de trucs, sans Anmeldung, rien n’est possible. Tenez, rien qu’aujourd’hui, deux Anmeldung ; résultat des courses, une nouvelle carte, et deux mots de passe impossible à retenir. Ce qui est extrêmement traître pour le novice, c’est qu’il est un ordre des Anmeldung : d’abord auprès de la ville de résidence, puis à la fac, puis pour Internet… Si un quelconque original s’avisait de ne le respecter, la loi d’airain de l’administration s’abat sur lui, il repassera, parce que l’Anmeldung suit un principe de hiérarchie pyramidale auquel on ne peut déroger.

  Si vous avez bien suivi le principe de l’Anmeldung, celui de Pfand, soit consigne, ou caution, vous sera assez intuitif. Il ne s’agit pas comme dans nos bons supermarché arriérés de ramener les bouteilles en verre brun de la Brasserie Fisher, contre quelques centimes. Il s’agit en effet de tout ce qui peut être confié à un inconnu : la carte de RU, la carte de photocopieuse et surtout, la tasse à la cafétéria. Bon, on dira ce qu’on voudra, mais ce truc, c’est surtout une superbe avance de trésorerie, parce que quand ils débitent 1 euro 80 pour un expresso qui coûte 80 cts, puis te rendent un euro contre la tasse et le jeton qui dit que tu as bien bu ton café ici et que tu ramène pas un tasse d’ailleurs…

  Conclusion, finement amenée au demeurant, le lien entre les deux notions, élémentaire ! Quand vous vous anmeldez, on vous remet, contre Pfand une carte, une de plus, dont l’utilité reste souvent à démontrer… QED (cqfd quoi…)

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22 octobre 2005

Panorama

Quand on a vraiment rien à faire et qu'on a donc le temps de jouer avec Photoshop, on fait des photos, et ensuite on les assemble pour faire un panoramique...

En l'occurence, celui-ci a été pris de la terrasse du chateau, vous avez une vue d'ensemble de la vieille ville, en direction du Sud.

panoramique_burg_petit

D'autres à venir...

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21 octobre 2005

Plein de nouvelles photos

  Comme les cours sont pour l'instant pas tous super intensifs (en fait, ils commencent en majorité la semaine prochaine), j'ai eu le temps de me promener et de faire quelques photos.
Et comme je suis sympa, je vous en fait profiter.

  Deux nouveaux albums ont été créés pour l'occasion, l'un avec les photos des arbres de Nuremberg, et Dieu sait s'il y en a, version couleurs d'automne, c'est classique. Et l'autre, effets de style, est une expérimentation d'un genre nouveau, j'ai transcendé la lumière et... bref, mes essais de transparences, reflets, jeux de lumière en tous genres. De plus, j'ai complété l'album des photos de la "vieille ville" de Nuremberg. Les guillemets sont là pour rappeler que qu'en 1945 il restait pas grand chose de Nuremberg, et que ce que vous voyez est surtout la reconstitution des remparts et maisons d'époque, plutôt réussie à en croire le nombre de touristes.

  Bonne visite, et n'oubliez pas les commentaires...

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16 octobre 2005

L'aventure en rockant

  Contrairement à mon sentiment général jusque là, l'aventure a commencé hier : la colloc de Jean-Seb chante dans un groupe de hard rock, jusque là rien que de très classique, mais elle a pensé que ça nous amuserait de venir à une de ses répétition, pourquoi pas, on est là pour faire la connaissance de gens, allons-y. Je passerai sous silence le premier aller au terme duquel JS s'est rendu compte qu'il avait quelque peu oublié de prendre les instructions pour trouver le lieu de répétition, c'est pas grave, on est retourné chez lui par un autre chemin, tout à fait gemütlich (terme-clé ici) le long de la Pegnitz (rivière locale).
  Donc, on trouve les indications et nous revoilà partis, arrivons à bon port, où nous attendent la colloc en question et une amie à elle, à laquelle il manque la partie inférieure des cheveux, je m'entends, elle a une bande de 15 cm de cheveux sur le haut du crane, le reste est rasé, lesquels rares cheveux sont peints en un bleu électrique du plus bel effet, on traverse une zone industrielle à moitié désaffectée, et entre une casse automobile et un entrepot d'une entreprise de BTP on trouve une batisse basse, d'où sort du bruit, plutôt que de la musique.
 
Nous sommes alors présentés à 5 ou 6 personnes, passablement bourrées, format allemand buveur de bière standard, dont deux font des acrobaties à moto sans casque, ça s'annonce bien... la répétition reprend, et à partir de là, les choses n'ont fait que s'améliorer : on nous demande si on a amené nos bouchons anti-bruit, non, logiquement, alors on nous montre comment en faire avec un Kleenex, pas super efficace, mais la même tête que les Romains avec du persil dans les oreilles pour se protéger du chant d'Assurancetourix; la musique on en pense ce qu'on veut, mais bon, ils semblaient maitriser leur morceau, et, comme la musique adoucit les moeurs, elle sert aussi d'expiatoire : ça les a pas mal dessaoulés, au point qu'on a pu avoir avec deux d'entre eux une conversation parfaitement suivie et tout à fait intéressante sur le sentiment de culpabilité lié au nationalisme allemand chez les jeunes générations, ressenti même chez eux respectivement d'ascendance tchèque et hongroise, puis un débat sur la montée des extrêmes en ex-Allemagne de l'Est pour finir sur l'éternel débat : si le capitalisme et le communismes sont des système inégalitaires, quelle est la troisième voie ?
 
Conclusion : je suis pas sûr qu'on reviendra, mais on en est ressorti vivants, grandis et édifiés, je vais pouvoir me lancer dans une grande fresque sociologique de la jeunesse allemande, dont ce fut le premier chapitre, les étudiants en gestion, hard rockeurs et philosophes.
 
Prochain épisode, la notion de Gemütlichkeit

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12 octobre 2005

Une chancelière, enfin

  La nouvelle est tombée hier -accessoirement, elle nous a été annoncée par le maire de  Nuremberg en personne- : Angela Merkel deviendra bien la première chancelière de la RFA. Et, signe des temps, son malheureux adversaire aurait annoncé qu’il se retirait définitivement de la vie politique nationale…

  Les Allemands vont donc à leur tour découvrir les joies de la cohabitation. Mais comme, Outre Rhin on ne fait pas les choses à moitié, on aura des ministres de deux partis traditionnellement opposés dans le même gouvernement. Vous imaginez un gouvernement Villepin XII avec Sarko, Debré, Lang et Fabius au gouvernement ? Moi non. Ou alors j’émigre sur le champ.

  La solidarité gouvernementale s’annonce dure quand la moitié des ministres veulent simplifier l’impôt sur le revenu, renégocier les conventions collectives sur la taxation des heures sup’ que leurs copains, ministres aussi, mais de l’autre bord, ont négocié lors de leur précédent mandat. Bon, chacun a déjà annoncé qu’il s’asseyait sur son programme électoral… Question philosophique dans ce cas : si les gouvernements ne font même plus semblant de tenir leurs promesses électorales, où va le monde ?

  Espérons pour les Allemands que leur cohabitation leur portera chance et que Schröder ne se mordra pas trop les doigts d’un effet d’annonce inconsidéré sur son futur car il en est aujourd’hui qui gouvernent autrement à l’Ile de Ré.

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Einführungskurse - Semaine d’intégration

  Depuis lundi matin, présentation classique, mais bien menée, de l’université, des cursus, des cours, des démarches administratives,… Rien à signaler. Cet après midi, réception à la mairie, avec bretzels et bière (en même temps, on sortait du déjeuner, donc je suis resté au jus d’orange). C’est tout à fait étonnant combien les gens importants ici sont simples et décontractés pendant leurs discours. Der Herr Bürgermeister s’est permit des blagues sur les Bavarois (nous sommes en Franconie, ne l’oublions pas), sur la nouvelle coalition CDU-SPD au pouvoir à Berlin, impensables en France. Il est ensuite venu nous exposer son point de vue sur les meilleures « Nürnberger » -petites saucisses à griller typiques de la ville- et les meilleures Stube -bar local- de la ville. Là, on s’est discrètement éclipsés.

  Tout autre sujet, néanmoins non négligeable, il n’éprouvait -apparemment, et c’est pas la première fois que je le remarque- pas de gêne à parler des Lois de Nuremberg et du IIIè Reich, là où peu de politiciens français en visite à Vichy prendraient le risque de faire une intervention en public sur le sujet. Encore un peu de travail.

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09 octobre 2005

L'accueil à Erlangen

  Quel honneur ! Je suis dans l'université allemande au nom le plus long ! Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg, faut prendre sa respiration avant.
  Toutes les facultés sauf celles d'économie et de sociologie sont basées à Erlangen, à 18 km par la piste cyclable ou à 25 minutes de train de Nuremberg où crèche votre serviteur. On a donc eu droit vendredi matin à l'accueil par le "Prorektor" de l'Université, ainsi que Mme le Maire d'Erlangen.
  Loin de tout ce que vous avez pu voir par exemple dans notre vénérable Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg : ouverture par deux étudiants au piano, discours court du Prorektor en question, suivi par le maire, puis présentation par trois étudiants Erasmus de leur attentes quant à leur année, et, clou du spectacle, la responsable des relations internationales faisant monter sur l'estrade un quarantaine d'étudiants aussi interloqués qu'intimidés pour leur remettre, au nom de l'université leur cadeau d'anniversaire, vu qu'ils sont nés en octobre.
  Le tout dans une ambiance Tour de Babel, vu que sur l'estrade se côtoyaient trois langues (allemans, anglais et espagnol) et dans l'assisance autant environ que de pays représentés par au moins deux personnes.
  Si ça peut vous rassurer, une bonne partie des français est arrivée à la bourre, tout va bien.

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Anmeldung

  Tout nouvel habitant d’une ville allemande doit se rendre au « Einwohnermeldeamt » pour se faire « anmelder » dirons nous. Formalité classique s’il en est : on prend un ticket, un formulaire et on attends. Dans mon cas, on sort aussi le dictionnaire pour les termes administratifs… Les questions sont tout aussi classiques, sauf une, dont la réponse est obligatoire, la religion… Les pères de la laïcité française s’en retourneraient dans leur tombe. En fait, c’est simplement pour savoir quelle part des impôts collectés chaque congrégation recevra. En tout état de cause, la case « agnostique » ne semblant pas faire partie du panel de choix -logique, qui on va sponsoriser alors ?- j’ai pris « evangelisch/luterisch », parce que « athée » c’est pas non plus mon truc.

  Pour le reste tout s’est bien passé, il m’ont même fait l’autorisation de séjour que j’avais pas encore osé demander parce que je croyais avoir besoin de ma carte d’étudiant, d’un certificat de la banque, d’un autre de la sécurité sociale et de mon certificat de baptême.

  C’est beau l’Europe, quoiqu’on puisse en dire.

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08 octobre 2005

Et un de plus...

Préambule
Nous, Spiff, en vue de de garder un contact toujours plus étroit avec le reste du monde, de ne pas encombrer vos boîtes aux lettres de mails co, de relater les joies et pleurs d'un an en Bavière, de transmettre des photos au pays, nous décrétons et établissons cette constitution pour le blog.

Article premier
Tous les pouvoirs accordés par cette constitution seront attribué au rédacteur et photographe du blog

Article second
Nul n'est tenu de visiter le blog

Article troisième
Tout visiteur se doit d'avoir une pensée émue pour sa boîte aux lettres électronique qui, grâce au blog, ne débordera pas d'inepties

Article quatrième
Une lecture attentive de Calvin & Hobbes, du Chat ainsi que des aventures d'Achille Talon est indispensable à toute personne voulant percer un humour autant sophistiqué que teinté d'une basse ironie

Article cinquième
Les mots  "brocolis", "choux-fleurs" et "tête de veau" sont à proscrire

Article sixième et final
La présente constitution ne sera en aucun cas abrogé sauf avis conforme de la Commission d'Ethique (tac) sur proposition d'une majorité de représentants du rédacteur.

Fait en convention à l'unanimité des Martin présents le huitième jour du mois d'octobre de l'an de grâce deux mille cinq et premier du blog nouveau

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